Immersion dans le quotidien de 4 facteurs
Pendant huit mois, Philippe Moreau et Gautier Dubois ont suivi, caméra en main, deux factrices et deux facteurs dans l’exercice de leurs fonctions au quotidien. De l’Ile d’Aix à la vallée du Queyras en passant par les paysages ruraux de l’Aude et la luxuriante forêt amazonienne de Guyane, les deux journalistes ont voulu montrer comment ces factrices et facteurs se mobilisaient pour distribuer, coûte que coûte, chaque jour, courriers et colis mais aussi apporter présence et réconfort aux populations les plus reculées.
Didier, facteur de haute altitude
Parmi eux, Didier, facteur à Saint-Véran (Hautes-Alpes), a accepté d'être suivi par des journalistes pendant deux semaines.

En hiver comme en été, les équipes du tournage ont accompagné Didier à travers les montagnes, par tous les temps et avec tout type de moyens de locomotion pour distribuer à chaque foyer le courrier mais aussi prendre des nouvelles de chacun. Dans la vallée du Queyras, sa tournée l'emmène à plus de 2 000 mètres d'altitude.
Il met un point d'honneur à l'accomplir été comme hiver : "Il faut être en forme pour faire une tournée ici. C'est une succession de petites montées qui sont assez raides."
Audrey, une postière au service des personnes isolées
Depuis 20 ans, Audrey réalise ses tournées dans les vallées reculées de l’Aude, distribuant le courrier, les colis et livrant également des repas et médicaments à ses clients en situation de fragilité. Un service essentiel pour ces seniors résidant dans l'un des territoires les plus reculé de France.
Surnommée la "petite sainte" de la vallée de Boulzane par ses clients, Audrey est convaincue de l’utilité de son métier. A l'instar de ses collègues, celle-ci contribue à faire de La Poste la première entreprise de services de proximité humaine.
Quand je rentre chez moi, je me dis que j’ai été utile et que cela ne m’a rien couté.

Audrey
Factrice dans les vallées de l'Aude
Moïse, le messager polyglotte
Moïse est facteur à Maripasoula et Papaichton, des communes frontalières du Suriname et du Brésil en Guyane. Les langues parlées dans cette région étant multiples, Moïse a l'avantage d'être polyglotte. Il parle le français, le créole, le portugais, la langue des signes, le wayana, langue amérindienne et le bushinengué, langue du fleuve. Cette capacité à s’adapter lui assure une proximité avec ses clients.
La tournée de Moïse ne peut uniquement s’effectuer qu’en 4x4, car l’étendue de la commune de Maripasoula représente une fois et demie l’Île-de-France. Et la commune voisine, Papaichton, se trouve à 27 km de distance. Une tournée qui demeure une véritable expédition : la route empruntée quotidiennement par Moïse peut être fortement dégradée en cas de fortes pluies et les rues de la commune de Papaichton ne possèdent pas de noms. La distribution se fait alors à la criée, ce qui consiste à donner en main propre le courrier, car les clients ne sont pas dotés de boîte aux lettres...

Catherine, une factrice s'adaptant aux saisons
Catherine est factrice sur l’île d’Aix, en Charente-Maritime. Avec ses 180 habitants, on pourrait croire que sa tournée n’est qu’une formalité : seulement 140 boîtes aux lettres à garnir.

Mais pour l’assurer, Catherine est tributaire des horaires des bateaux et de la météo. Une tournée qui est également marquée par la saisonnalité : avec l'arrivée des touristes l'été, le nombre de colis est multiplié par dix.
"Pendant leurs congés, les gens se font livrer de tout, y compris leurs bagages, explique Catherine. J’ai deux vies totalement différentes en fonction des saisons".
Un reportage, des rencontres
Je savais que le métier de facteur était un métier exigeant mais cela a été au-delà de ce que j’imaginais. Nous avons pu prendre la pleine mesure du rôle des facteurs en matière de lien social. On a pu le constater partout : il y a une vraie volonté de la part des facteurs d’être proches des gens.

Philippe Moreau
Réalisateur
Ce reportage de 50 minutes sera diffusé dans le cadre de l’émission "Reportages découverte" animée par Anne-Claire Coudray, ce samedi 8 janvier à 14h50 sur TF1. Tourné entre mars et octobre 2020, le reportage aura été marqué par l'arrivée de la Covid-19. Malgré le contexte de pandémie, les tournées auront été maintenues dans le respect des règles sanitaires. "Les postiers rencontrés sont tous engagés et passionnés par leur métier" conclut le réalisateur Philippe Moreau. "Ils ont tous pour objectif de livrer le courrier et les colis coûte que coûte".