Publié le 15 novembre 2021

Financement des projets du CHU de Lille : "L’offre de la Banque Postale s’est détachée"

La crise sanitaire a souligné le rôle majeur des infrastructures de santé et la nécessité de les soutenir financièrement. Plus que jamais, La Banque Postale poursuit son accompagnement des acteurs de la santé, dont les hôpitaux, dans leurs projets de développement de l’offre de soin dans les territoires. Le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Lille a ainsi récemment bénéficié d'un prêt de 23 millions d'euros auprès de La Banque Postale. En cette occasion, nous avons rencontré Anne Girard, directrice financière du CHU.

Anne GirardDirectrice financière du Centre Hospitalier Universitaire de Lille
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Comment s'effectue le choix des emprunteurs et pourquoi faire appel à plusieurs établissements bancaires ?

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Anne Girard : Depuis plusieurs années, le CHU de Lille a développé une démarche partenariale avec ses principaux prêteurs, dont la Banque postale, qui représente 22% des emprunts en cours. Nous veillons à une répartition équilibrée du poids de chaque prêteur sur le volume global de la dette. Avec une moyenne annuelle de recours à l’emprunt de 40 M€, le CHU sollicite une dizaine d’établissements via un cahier des charges lui permettant de comparer chaque offre. Un comité interne, composé de la Direction Générale et de la Direction des Finances, analyse les propositions sur la base de critères définis (comparaison des taux, montants, fidélité du prêteur). La crise financière de 2008 a entrainé la raréfaction des prêteurs (dont la disparition de la Banque DEXIA) et a montré la nécessité pour les collectivités locales de diversifier les sources de financement. Depuis 2018, le CHU de Lille a par ailleurs souhaité être évalué chaque année par une agence de notation, afin de pouvoir bénéficier de financements de type obligataire et billets de trésorerie.

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Pourquoi avoir choisi de confier la moitié du besoin de financement 2021 à La Banque Postale ?

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Anne Girard : L’offre de la Banque Postale s’est détachée avec un taux fixe 20 ans particulièrement compétitif sur l’ensemble du panel, ce qui a conduit à lui attribuer 50% du besoin d’emprunts 2021. L’autre moitié du besoin a été répartie sur trois autres partenaires historiques du CHU avec des conditions de taux plus ou moins similaires. 

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Quels bénéfices apporteront les nouveaux projets du CHU financés par La Banque Postale ?

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Anne Girard : Chaque année le CHU consacre 40 à 50 % des montants investis au maintien en fonctionnement de ses installations techniques et équipements médicaux, non médicaux et informatiques. Malgré la crise épidémique, notre établissement a lancé le projet CHU Lille 2030 et son nouveau schéma directeur immobilier et urbain permettant de tracer les grandes évolutions de ce campus où se côtoient quotidiennement plus de 30 000 usagers et professionnels.

Parmi les grandes priorités du CHU, trois sont fondamentales : 

  • L’extension pédiatrique et la rénovation de l’hôpital Mère Enfant Jeanne de Flandre, ouvert en 1996, totalement saturé aujourd’hui alors que les besoins en pédiatrie, périnatalité et gynéco-obstétrique ne cessent de croître dans notre région.

  • La modernisation de l’hôpital Roger Salengro, ouvert en 1983 dans un bâtiment qui s’est dégradé, alors qu’il constitue le plus grand hôpital "neurosciences" des CHU français. 

  • La reconstruction de la Pharmacie hospitalo-universitaire, datant de 1953, qui fonctionne aujourd’hui dans des bâtiments totalement inadaptés. Cette pharmacie a pourtant montré son rôle majeur, inventant un modèle de masque tissu homologué, fabriquant près de 40.000 litres de solutions hydro-alcooliques pour toute la région ou encore, plus récemment, validant le protocole national de fabrication de Cisatracurium pour enrayer la pénurie de curares…