Publié le 20 octobre 2021

Kevin Campion : Postier et athlète

Ressources humaines
Normandie

Engagée en faveur des sportifs de haut niveau depuis 1981, La Poste a rendez-vous tous les 4 ans avec les Jeux olympiques. Lors des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo 2021, Kevin, Yohann, Thu et Thomas, tous les 4 postiers, se sont engagés à défendre les couleurs françaises dans leurs disciplines respectives. Nous avons rencontré l'un d'entre eux : Kevin, postier et athlète de haut niveau.

Kevin Campion a signé une prometteuse 16ème place au 20 kilomètres marche des derniers Jeux olympiques de Tokyo. Cet athlète de 33 ans, qui ambitionne désormais de décrocher une médaille aux prochains J.O de Paris, en 2024, exerce la profession de facteur en Seine-Maritime. Celui-ci nous détaille son parcours personnel, professionnel et sportif.

Kevin CampionPostier
1

Kevin, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

1

Kevin Campion : Je suis né à Vénissieux, dans la banlieue sud de Lyon et j’ai grandi dans le quartier des Minguettes. J’ai rencontré ma future épouse, qui, elle, est native de Normandie, dans le monde de la marche. A l’époque nous vivions à Lyon mais elle a souhaité revenir dans la région pour des raisons familiales. J’ai décidé de la rejoindre et je suis arrivé à Dieppe en 2012.

2

Comment êtes-vous entré à La Poste ?

2

Kevin Campion : Avant d’être à La Poste, je travaillais dans le secteur de la grande distribution. Lorsque je suis arrivé dans la région dieppoise, j’ai essayé de retrouver le même type de travail. Mais, c’était très compliqué. Malgré les candidatures et les lettres de motivation que j’envoyais, je ne trouvais rien. Je comprenais les réticences des employeurs. Quand vous arrivez avec une demande d’aménagement de votre temps de travail pour pouvoir vous entraîner, cela peut faire peur. Les patrons ne sont pas toujours au courant des aides qui accompagnent l’embauche d’un athlète... 

A l’occasion de ma victoire au championnat de France du 10 kilomètres marche de 2013 au stade Charlety à Paris, j’ai pu rencontrer le directeur de la Branche Services-Courrier-Colis qui s’était déplacé pour voir courir Yohann Diniz, également postier. Je lui ai parlé de mon parcours et expliqué mon projet. Quelques semaines plus tard, on me proposait un contrat à durée déterminée à la Plate-forme de Distribution du Courrier de Dieppe. Ensuite, j’ai pu signer une convention d'insertion professionnelle (1) (CIP) à 50%. 

3

Cela vous a-t-il permis de concilier vie sportive et vie professionnelle ?

3

Kevin Campion : Ça a parfaitement fonctionné jusqu’en 2017. Mais, entre le travail, l’entraînement et la naissance de mes premiers enfants (Kevin est le père de 3 enfants qui ont aujourd’hui 4, 5 et 7 ans), j’ai commencé à ressentir de la fatigue. J’ai pu rencontrer, à nouveau, la direction à l’occasion du titre de champion du monde de Yohann. J’ai fait une demande de détachement à 100% qui a été acceptée. Je suis reconnaissant envers La Poste pour ça. Depuis ce détachement, je peux m’entraîner entre 2 heures et 2 heures 30 tous les jours et mes performances se sont améliorées.

4

Comment jugez-vous vos performances aux derniers Jeux olympiques ?

4

Kevin Campion : Ma 49ème place à Rio en 2016 était une contre-performance. J’étais très loin de mes chronos habituels. En revanche, à Tokyo, j’étais à mon niveau : j’ai fait le job en obtenant la 16ème place. Je voulais confirmer ma 16ème place obtenue au championnat du monde 2 ans plus tôt. Mon objectif était de me battre pour obtenir le meilleur classement possible après 2 années compliquées dues au Covid. Grâce au mental, j’ai réussi à remonter des concurrents les uns après les autres alors qu’à la mi-course, je me situais entre la 25ème et la 30ème place.

5

Quels sont vos objectifs à présent?

5

Kevin Campion : Je suis focalisé sur Paris 2024. Dès la ligne d’arrivée franchie à Tokyo, je me suis dit : "qu’est-ce qu’il faut faire pour être devant ? Que me manque-t-il pour aller chercher une médaille ?". J’ai réalisé beaucoup de choses pendant ces JO. Je vais notamment passer à 25 heures d’entraînement pendant les semaines de stage de préparation. Je veux vraiment performer devant le public français. 

Postier et athlète

(1)Le dispositif des CIP permet au sportif de haut niveau de pouvoir bénéficier d'un aménagement de son temps de travail pour se consacrer à sa pratique sportive (entrainement, compétitions, stages…) et de lui offrir la possibilité d'une insertion professionnelle à l'issue de sa carrière.